Turquie
(25/08 - 14/09)
Après six mois en Asie, quatre mois en Afrique et sept mois en Amérique Latine, nous amorçons tranquillement notre retour lorsque nous nous rendons compte que le tour du monde brille par l’absence d’une région: le Moyen-Orient. Considéré comme le berceau de la civilisation, nous ne pouvions passer à côté des richesses de l’ancien Empire ottoman. A commencer par la Turquie. Situé entre la mer Noire, la mer Méditerranée, la mer de Marmara et la mer Egée, ce pays au croisement de l’Europe et de l’Asie est un véritable carrefour culturel aux influences diverses. Du Bosphore à la Cappadoce, des palais aux mosquées par milliers, nous voilà donc prêtes à ouvrir les portes d’un monde réputé pour sa gentillesse et son hospitalité.
Sommaire
Istanbul (25/08 - 01/09)
Et c’est bien entendu par l’incontournable Istanbul que nous commençons. Loin de m’avoir laissée indifférente il y a cinq ans, j’ai hâte de faire découvrir à Anouck cette cité fascinante. Mais avant, quelques jours de repos bien mérités pour nous remettre de cet interminable voyage et fêter… mes 28 ans!
Puis il est temps de rechausser nos baskets de randonnée et de nous attaquer au vif du sujet. Direction Sultanahmet, cœur historique dont la place centrale est l’emblème incontestable de la ville. Dominé au sud par la Mosquée bleue et au nord par la basilique Sainte-Sophie, c’est en effet LE quartier à ne pas manquer! Et c’est vu d’en haut que nous décidons d’abord de l’admirer.
Nous nous approchons ensuite de plus près de ces bâtiments si représentatifs de la richesse culturelle et du patrimoine historique de Turquie. Autrefois Byzance puis Constantinople, Istanbul a connu de multiples identités et abrite encore aujourd’hui de nombreux vestiges du passé et édifices dont l’architecture témoigne des différents empires qui y ont siégé.
Sainte-Sophie en particulier incarne à la perfection cette évolution. A l’origine érigée comme une basilique chrétienne au VIème siècle, elle a ensuite été transformée en musée puis en mosquée où fresques et mosaïques byzantines côtoient merveilleusement bien les coupoles dorées. De jour comme de nuit, le monument nous éblouit.
En face, la Mosquée bleue construite entre 1609 et 1616 fait partie des 3113 mosquées de la ville, alors qu’on en compte plus de 80 000 dans l’ensemble du pays. Nous n’avons malheureusement pu l’observer que de l’extérieur, l’intérieur étant en rénovation. Il nous faudra donc revenir une autre fois pour contempler ses magnifiques céramiques bleues dont elle tient son appellation (photos de 2016).
Le lendemain, nous décidons de nous éloigner un peu de la foule pour découvrir une autre facette un peu plus authentique d’Istanbul. Situés aux abords de la Corne d’Or, l’ancien quartier grec Fener et l’ancien quartier juif Balat, tous deux inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, nous donnent rapidement l’impression de naviguer dans un univers parallèle. Le temps d’une matinée, nous troquons ainsi notre statut de touristes pour celui d’observatrices. Exit les rues bondées et les mosquées, place au linge pendu au-dessus des ruelles pavées, aux maisons colorées, aux petits cafés, aux boutiques d’antiquités, aux artisans et autres petits commerçants; bref, à la vie quotidienne, tout simplement.
Les édifices religieux ne sont pas en reste avec l’église de fer bulgare Saint-Etienne, plusieurs synagogues, le rougeoyant lycée grec pour garçons, et surtout, le patriarcat oecuménique de Constantinople, toujours considéré comme l'Église mère du christianisme grec orthodoxe.
Sur le retour, nous nous émerveillons devant la mosquée impériale Süleymaniye, dont la conception pour le sultan Soliman le Magnifique a débuté en 1550 et a duré sept ans. Avec ses 4000m² et ses quatre minarets, nous restons complètement bouche bée devant tant de beauté! Et ce n’est pas l’appel à la prière qui nous fera dire le contraire!
Un peu plus loin, une mosquée de quartier continue de nous dépayser. L’atmosphère y est tellement apaisante et ressourçante que nous pourrions y rester des heures durant!
Mais que serait-ce une visite d’Istanbul sans un passage par le célèbre Grand Bazaar? A peine entrées, nous saisissons l’étendue de l’un des plus grands centres d’achat du monde. Difficile de ne pas se perdre dans ce dédale de couloirs épicés où plus de 4000 boutiques surchargées se sont installées. Mais encore plus difficile de résister à toutes ces couleurs, ces saveurs et ces odeurs!
Et en bonne capitale internationale du shopping, Istanbul ne manque pas d’adresses où faire des emplettes. Nous en profitons donc pour faire les magasins à des prix défiant toute concurrence, histoire de relester chaque sac-à-dos d’au moins cinq kilos. L’occasion d’arpenter la longue avenue İstiklal (3 kilomètres!) et les très vivants quartiers de Taksim et de Galata dont les attraits ne sont plus à vanter.
Et puis il y a le fameux pont Galata, reconnaissable entre tous. Reliant la péninsule historique et son architecture orientale à la partie plus moderne et européenne de la ville, il offre un panorama imprenable sur le Bosphore. On s’y arrête volontiers pour observer les bateaux et les dizaines de pêcheurs qui lancent leur ligne à l’eau.
Notre séjour s’achève sur l'expérience d’un hammam. Pendant trois heures, nous nous laissons chouchouter en enchaînant sauna, bain de vapeur, lavage, gommage, jacuzzi et massage. Pas étonnant que les Turcs effectuent ce rituel tous les mois tant c’est agréable!
Et si Istanbul nous a séduites à bien des égards, que dire de nos papilles en extase! La gastronomie turque, loin de se limiter au simple kebab, offre un large éventail de choix, sans parler des restaurants qui reçoivent les clients comme des rois! Il y a bien sûr le traditionnel petit-déjeuner, qui s’apparente davantage à un brunch au vu des quantités. Des plats en veux-tu en voilà. Et enfin l’inévitable thé, une véritable institution dans toute la Turquie souvent accompagnée de petites pâtisseries.
Bien qu’à la nuit tombée, les rues deviennent un peu plus tranquilles, Istanbul est loin de dormir. La ville s’illumine, les établissements s’animent, et on se laisse à nouveau porter par cette atmosphère unique, entre modernité et tradition et où l’Orient rejoint l’Occident.
Selçuk, Ephèse & Fethiye (02/09 - 07/09)
C’est tristes mais totalement conquises que nous quittons Istanbul afin de poursuivre notre aventure turque. Cap sur le littoral, et quoi de mieux qu’un bus de nuit pour effectuer la traversée? Autant le service est impeccable (mention spéciale pour le chariot roulant offrant encas et boissons), autant les sièges à peine inclinables rendent le voyage difficilement supportable.
Après 12h de transport, nous parvenons enfin à destination: Selçuk (prononcé Seltchouk). Située sur la côte égéenne à 50 kilomètres d’Izmir, cette petite bourgade nous charme de suite. Malgré la fatigue, nous décidons ainsi d’explorer ce village où authenticité et calme prévalent. Nous sommes d’ailleurs chaleureusement accueillies par l’imam de la mosquée qui s’empresse de nous souhaiter la bienvenue et de nous proposer de l’eau et des bonbons à notre arrivée.
Et comme on n’est plus à cela près, nous nous rendons sur le site adjacent d’Ephèse, de quoi faire un bond de 3000 ans en arrière. Fondée vers 1000 ans avant J.-C., cette ancienne ville grecque représente l’un des joyaux archéologiques les plus précieux de Turquie. On y aperçoit des vestiges impressionnants, signe que la cité jouait un rôle prépondérant dans l’Antiquité. Ephèse en était en effet un important centre religieux, administratif, social, portuaire et commercial. Nous découvrons ainsi le grand théâtre et ses 25 000 places, le plus grand amphithéâtre du monde antique dont les musiciens raffolent aujourd’hui pour son excellente acoustique. Puis nous traversons une rue parsemée de colonnes de marbre avant d’atteindre le clou du spectacle: la bibliothèque de Celsus. Détruit à la suite d’un tremblement de terre puis rénové à partir des morceaux cassés, l’ensemble finement ciselé est vraiment époustouflant.
Les étapes se succèdent, et nous reprenons rapidement la route vers le sud jusqu’à la région de Fethiye, connue pour ses nombreuses plages et sa mer turquoise. Nous y rencontrons notre hôte Ertan, qui ne cessera de se plier en quatre pour que l’on se sente chez lui comme chez nous. C’est ainsi qu’en plus d’une nuit supplémentaire gratuite, il insistera pour nous préparer à dîner tous les jours.
Il en profite pour nous présenter son meilleur ami Ismail, qui propose une virée d’une journée pour aller à la rencontre des plus belles baies. Le lendemain, nous nous retrouvons ainsi tous les quatre à bord d’une vieille voiture non climatisée sous 35°C à sillonner les environs de Fethiye.
Nous effectuons notre premier arrêt au village fantôme de Kayaköy, autrefois habité par les Grecs avant que la guerre d’indépendance remportée en 1922 par la Turquie ne les force à quitter le pays. Laissé à l’abandon depuis leur départ, le site est désormais en ruines mais conserve une certaine âme. Situé à flanc de colline, il nécessite un peu de grimpette pour accéder au point de vue d’où la mer et des centaines d’autres maisons en pierre se révèlent.
La randonnée se transforme en promenade bucolique (et gourmande) lorsque nos deux nouveaux amis décident de nous cueillir de délicieuses figues.
Puis il est temps d’aller se rafraîchir! Nous longeons d’abord la côte jusqu’à Ölüdeniz, avant de continuer jusqu’à Butterfly Valley et ses eaux cristallines et de pouvoir enfin nous baigner à la plage de Kabak. Une bien belle après-midi, et en bonne compagnie.
Avant de partir, Ertan nous fait découvrir le bazaar hebdomadaire. C’est le marché où les locaux viennent chaque dimanche se ravitailler. Oranges, olives, oignons, tomates, piments, poivrons, aubergines, courgettes et pastèques sont les produits stars du moment et nous donnent clairement l’eau à la bouche pour le repas qui s’annonce.
Antalya (07/09 - 08/09)
Après quatre jours chez l’habitant, nous disons au revoir à Ertan qui n’hésite pas à nous inviter pour les prochains étés. Il n’y pas à dire, depuis notre arrivée, la Turquie nous donne une réelle leçon d’hospitalité!
Nous poursuivons avec trois heures de bus vers Antalya, capitale touristique de la méditerranée et l’une des stations balnéaires les plus fréquentées. Surnommée la “Riviera turque” en raison de ses 9 millions de visiteurs par an, la cité est en effet l’une des plus attractives du pays. A l’image d’Istanbul, elle fut successivement convoitée et occupée par plusieurs empires (Romains, Byzantins, Seldjoukides, Ottomans) dont les traces sont encore visibles aujourd’hui. En particulier dans la vieille ville Kaleiçi, qui abrite diverses églises converties en mosquées, une tour de l’époque romaine, et la mythique porte d’Hadrien, un arc de triomphe construit à l’effigie de l’empereur du même nom. Incroyablement bien conservé, le monument est constitué de trois arches cintrées richement ornées.
Non loin de là, d’innombrables restaurants, boutiques, galeries d’art, magasins d’artisanat et maisons ottomanes jonchent les venelles pavées dans lesquelles nous prenons plaisir à déambuler.
En contrebas se trouve l’ancien port réhabilité en marina, mais nous préférons le contempler d’en haut pour observer les allers-retours des rafiots. La vue sur les montagnes qui nous font face est remarquable.
En rentrant par le centre-ville, Anouck prend son courage à deux mains et décide de vaincre ses peurs en allant chez le coiffeur. La devanture n’est pas des plus engageantes, mais après plusieurs minutes de discussion et quasi quatre heures de travail, le résultat est plus que satisfaisant!
La garde-robe renflouée et les cheveux coupés, nous sommes prêtes pour le prochain épisode: la Cappadoce! Et c’est à nouveau en bus de nuit (en espérant que ce soit le dernier) que nous effectuons nos 10 heures de trajet.
Cappadoce (09/09 - 12/09)
Localisée en plein cœur de l’Anatolie, c’est le passage obligé de tout séjour en Turquie. Quoi de plus spectaculaire et photogénique qu’une centaine de montgolfières survolant la région au lever du soleil? Et ce n’est même pas arrivées que nous assistons à travers les vitres du bus à cet incroyable ballet!
On admire le spectacle, avant de décider que demain, on sera à la même place! Pas question de passer à côté d’une telle expérience! Nous consacrons ainsi la matinée à faire le tour des agences. Au final, la première nous convient tout à fait, et à 75€ le vol (contre le double ou triple hors covid), on ne prend même pas la peine de négocier. Rassurées (et super excitées), nous passons le reste de la journée à nous balader dans Göreme, où Anouck découvre avec plaisir qu’elle aura toujours de quoi se sustenter.
Le lendemain, c’est réveil à 5h du matin! Et si les yeux ont du mal à ne pas se fermer durant le trajet, ils sont bien ouverts lorsque nous atteignons notre destination. Débarquées au milieu d’une centaine de ballons, nous commençons à mesurer la singularité de cet environnement.
Vient notre tour de décoller. A peine avons-nous grimpé à bord de la nacelle que nous nous élevons en un rien de temps. Le tableau est sensationnel, avec d’un côté les premiers rayons du soleil et de l’autre des dizaines de montgolfières éclatantes envahissant le ciel.
A mesure que nous nous déplaçons, nous nous rapprochons de plus près des points d’intérêt des environs, jusqu’à frôler la vallée rouge et les fameuses cheminées de fée. Nous effleurons en effet de quelques centimètres ces formations géologiques sculptées par la pluie et le vent il y a des milliers d’années. Complètement insensé!
Puis nous reprenons de la hauteur pour avoir une vue d’ensemble sur les villages troglodytes environnants, avec toujours ces collines colorées et ces immenses ballons en toile de fond. Depuis près d’une heure, c’est un véritable musée à ciel ouvert que nous survolons. Le cadre est inégalable!
Nous profitons de nos derniers moments dans les airs avant de tranquillement redescendre et d'atterrir tout en douceur dans un champ. Encore émerveillées, nous réalisons à peine que nous venons de vivre une aventure extraordinaire et à quel point nous avons eu de la chance d’avoir pu effectuer cette activité dans de telles circonstances...
Et pour cause! Le lendemain, nouveau réveil matinal à 5h30 du matin pour admirer le même décor, cette fois vu du sol. Nous entamons ainsi de nuit une randonnée de plusieurs heures dans le Parc National de Göreme. L’objectif: assister au ballet des montgolfières pendant le lever de soleil puis explorer les vallées afin d’être de retour pour le petit-déjeuner. Nos ambitions sont cependant rapidement balayées lorsque nous réalisons l’absence de ballons, probablement due aux mauvaises prévisions. Nous apprendrons par la suite que la semaine passée, ils n’ont pas vu voler quatre jours d’affilée! Pas question de rebrousser chemin, nous poursuivons notre expédition, les montgolfières en moins. Bien que différent, le paysage n’en est pas moins épatant!
Après une heure de marche, nous arrivons à la Love Valley (vallée de l’amour), un nom poétique en référence à ses formations rocheuses très suggestives. Constituées de tuf volcanique, ces roches friables ont été naturellement taillées par l’érosion puis creusées au IVème siècle par des habitants pour y construire églises, monastères et maisons troglodytes.
Située juste après le champ d’asperges géantes, nous découvrons la toute aussi explicite vallée blanche. Et comme la nature a décidé de reprendre ses droits sur le sentier, c’est à la force des bras et des pieds que nous réussissons laborieusement à nous hisser hors de ces montagnes immaculées.
Direction le village d’Uçhisar et son château original. D’une hauteur de 179 mètres, il s’agit de la plus grande cheminée de fée de Cappadoce, certains le considérant même comme le “premier gratte-ciel de l’Histoire”. Bien loin des châteaux que nous connaissons, il a pourtant bien servi de forteresse à la fin de la période byzantine avant d’être utilisé comme habitat par les populations locales jusque dans les années 1960.
Outre son aspect troglodyte, la cité séduit par son intimité et bénéficie d’une vue panoramique sur la vallée.
Pour rejoindre notre hébergement, nous finissons par traverser la vallée des pigeons, dont l’élevage faisait autrefois partie du quotidien des habitants (comme messagers ou pour leurs excréments fertilisants). De nombreux pigeonniers y sont ainsi encore apparents.
Nous terminons notre parenthèse cappadocienne sur un ultime lever de soleil, et sommes récompensées par plus d’une centaine de montgolfières dans le ciel. Un départ (et séjour) en beauté que nous ne sommes pas prêtes d’oublier!
Ankara (12/09 - 14/09)
Dernière étape du voyage: Ankara. Et bien que le centre politique et administratif de la Turquie ne possède pas les charmes de la Cappadoce et d’Istanbul, il mérite définitivement le détour. La capitale abrite en effet de nombreux musées et d’imposantes mosquées. La mosquée de Kocatepe est d’ailleurs la plus grande et emblématique de la ville, et nous ne pouvons que constater l’immensité de l’édifice. L’intérieur est tout autant captivant avec ses faïences enluminées et ses écritures dorées.
Et si nous n’avons pas pu visiter le mausolée d’Atatürk érigé en l’honneur du premier président du pays, ni le cœur historique et ses monuments antiques, nous avons particulièrement apprécié l’animation du centre-ville. Ce dernier regorge de magasins et de restaurants que nous nous sommes “efforcées” de fréquenter pour alléger notre porte-monnaie.
Nos trois semaines en Turquie se terminent sur cette magnifique scène nocturne qui résume parfaitement notre expérience ici: vivante, accueillante, tolérante et fascinante.
Ressentis
NOS COUPS DE CŒUR
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Le meilleur accueil de notre tour du monde
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La diversité et la gourmandise des plats turcs
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La multiculturalité et l'animation des villes
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Les magnifiques mosquées
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La sécurité
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Le shopping de qualité à moitié prix
NOS DÉCEPTIONS
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Les bus de nuit pas très confortables
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La population élevée
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La barrière de la langue dans les communautés reculées
Budget