
Les Philippines
(12/01 - 10/02)
Constitué de plus de 7000 îles, l’archipel des Philippines a de quoi mettre tout le monde d’accord: randonneurs, plongeurs et amateurs de farniente. Il faut dire qu’entre ses forêts tropicales, ses volcans, ses plages idylliques et la diversité de ses fonds marins, le pays est considéré comme l’un des plus beaux au monde, et sa population l’une des plus accueillantes. Rien que ça!
Aventurières que nous sommes, les Philippines nous ont ainsi fait de l’œil dès la préparation de notre voyage. Sans hésiter, nous décidons donc d’y passer le maximum de jours autorisés par notre visa (30) afin de partir à la conquête de ces terres et mers aux allures paradisiaques.
Sommaire
Manille - Cebu (12/01 - 13/01)
Passage obligé pour démarrer notre exploration philippine: Manille, ou plutôt son aéroport. Notre vol de Bangkok ayant atterri à 1H30 du matin, nous avons un peu plus de 4h de correspondance pour essayer de nous reposer un peu. Mais entre les annonces répétées des hauts-parleurs, l’inconfort des sièges et surtout la climatisation à fond, c’est peine perdue. Anouck semblait pourtant bien partie...
C’est donc les yeux à demi ouverts que nous embarquons à bord de notre avion vers l’archipel des Visayas. Nous sommes extrêmement chanceuses, car à notre arrivée sur l’île de Cebu, nous apprenons l’entrée en éruption du volcan Taal situé à une soixantaine de kilomètres de Manille et l’annulation de tous les vols au départ de la capitale. Nous y avons échappé de peu! Si aucune victime n’est à déplorer, l’activité sismique du volcan reste élevée, et plus de 4000 personnes ont été évacuées par les autorités. Par peur d’un scénario catastrophe à l’image de l’éruption de 1754 qui avait tué plus d’un millier de résidents, le président des Philippines a récemment déclaré l’île Taal interdite d’habitation de manière définitive.


-1578930057.jpg)
L’archipel figurant parmi les pays les plus exposés du monde aux désastres naturels (tremblements de terre, éruptions volcaniques, typhons & tsunamis), c’est donc avec un peu d’appréhension que nous abordons ce début d’aventure. Une fois reposées, notre peur est cependant rapidement effacée au profit d’un choc culturel pour le moins étrange.
Habituées depuis plus de trois mois à un mode de vie marqué par la religion bouddhiste, la cuisine de rue et les écritures asiatiques, nous pensons halluciner lors de notre découverte de Cebu City:
-
L’influence américaine est omniprésente: entre centre commerciaux et chaînes de fast-food (locales et internationales), on ne sait plus où donner de la tête. Les pizzas, burgers et poulets frits sont partout, et nous peinons à manger sainement.



Autre particularité culinaire, les boulangeries à chaque coin de rue. Rien à voir avec nos chères baguettes, ici, on savoure de petits pains briochés.


Le sport national? Le basketball bien sûr! Le pays est le meilleur d’Asie, et on comprend pourquoi au vu du nombre de terrains (improvisés ou non) dans la ville.
L’activité reine? Le karaoké! Peu importe l’âge, le lieu (y compris au travail) et les compétences musicales, tout le monde chante/danse tout le temps et célèbre la musique… internationale.
-
Point positif, tout le monde parle anglais, langue officielle du pays aux côtés du filipino. La barrière de la langue est donc inexistante, et on se réjouit d’avance de pouvoir échanger facilement avec les philippins et d’oublier pendant quelques temps le langage des mains. Toutes les inscriptions aussi sont dans la langue de Shakespeare… Peut-être que pour une fois, les galères resteront loin de nous un moment.


-
La religion catholique est prédominante, et nombreux sont les édifices et signes religieux (croix et messages dans la rue, les transports, à la radio, à l’école, etc.). Avec près de 85 millions d’adeptes (plus de 80% de la population), les Philippines sont le troisième plus grand pays catholique au monde (le seul d’Asie).



-
L’ouverture d’esprit des locaux est étonnante: les femmes accèdent à tous les postes clefs (politiciennes, maires, journalistes, etc.) malgré une société encore machiste; la communauté LGBT est très bien acceptée et intégrée malgré les principes moraux de l’Eglise catholique; et le concubinage et le divorce sont reconnus même si le remariage n’est pas encore autorisé.
Certains éléments nous rappellent quand même notre présence en Asie, à l’image des transports publics traditionnels. Il y a les colorées jeepneys, jeeps abandonnées par les américains et reconverties en bus locaux. Les passagers s’entassent pour un prix dérisoire, et s’il n’y a plus de place, il reste le toit!
On trouve aussi les célèbres tricycles qui font office de taxis. Prenez une mobylette à laquelle vous ajoutez une carrosserie et un petit banc sur le côté, le tout monté sur une roue supplémentaire, et vous obtenez l’incomparable tricycle philippin.


Et puis il y a l’incroyable gentillesse des locaux, toujours souriants, de bonne humeur et prêts à plaisanter. Enfants comme adultes s’amusent d’un rien malgré un taux de pauvreté élevé.

Vous l’aurez compris, nous avons plutôt l’embarras du choix en terme d’îles à découvrir! Et comme les moyens de transports sont assez limités (avion ou ferry), on décide (pour une fois) de s’y prendre à l’avance et de faire notre sélection dès notre premier jour au pays. Les grandes gagnantes sont ainsi la vallonnée Bohol, la mystérieuse Siquijor, la corallienne Negros, l’excentrée Siargao et l’incontournable (bien que très touristique) Palawan.
Bohol (13/01 - 16/01)
Nous débutons ainsi notre exploration philippine par une traversée en ferry. De Cebu City, nous mettons environ 1h30 pour atteindre Tubigon, l’un des ports de Bohol.
Evidemment, nous avons choisi un hébergement en plein milieu de l’île, ce qui ne facilite pas son approche. On nous propose bien un transfert direct, mais à plus de 20€ la course, on préfère se débrouiller toutes seules et se familiariser de suite avec les transports publics. Nous montons donc à bord d’un premier van qui une fois rempli accueillera une vingtaine de passagers, les petits retardataires ayant chacun le droit à un tabouret dans la rangée histoire de maximiser le nombre de places.
Avec l’aide des locaux, nous embarquons dans un second bus, plus spacieux et plus aéré, qui nous dépose à toute allure dans le village souhaité.
Fières de nous, nous ne nous arrêtons pas en si bon chemin et décidons de terminer le trajet à pied. C’est ainsi que nous nous retrouvons avec près de 20kg sur le dos à errer au milieu des rizières afin d’effectuer avant la tombée de la nuit les 2,5km qui nous séparent de notre futur lit. Quelle bonne idée!


Mission accomplie de justesse, et c’est donc dans le noir que nous faisons connaissance avec nos hôtes et découvrons notre petit cabanon pour les trois prochaines nuits.


Nous avons donc deux jours pleins pour pouvoir profiter de Bohol et admirer les “Chocolate Hills”, attraction majeure et raison principale de notre arrêt sur l’île. Au nombre d’environ 1300 et hautes d’une centaine de mètres, ces “collines de chocolat” forment un paysage géologique unique au monde et doivent leur nom à la couleur brune qui les recouvre durant la saison sèche. Après quelques recherches, nous optons pour l’une des activités phare du site: le buggy! Une première pour nous deux. Anouck m’assure qu’il s’agit d’une expédition guidée tout ce qui a de plus calme pour découvrir les lieux.
Premier doute lorsqu’une fois installées, notre guide installe une bâche sur nos genoux. Second doute lorsque l’on voit des touristes revenir de leur circuit en quad couverts de boue de la tête aux pieds. Troisième et dernier doute à la vue du terrain. Bref, rien à voir avec la ballade tranquille au pied des collines. L’excursion culturelle se transforme rapidement en course de vitesse entre dérapages (presque) contrôlés et accélérations improvisées, le but étant bien sûr de ne plus avoir un centimètre de vêtement/peau propre sur nous (règle d’Anouck).




Deux heures plus tard, nous voilà de retour à notre guesthouse, prêtes à en découdre avec notre tout nouveau masque naturel. Les 30 minutes de douche en viendront finalement à bout (le jeu de mots c’est cadeau).
Evidemment, nous ne manquons pas le coucher de soleil sur ces dunes naturelles. La légende dit que leur formation serait due à la dispute de deux géants qui auraient mis la vallée sans dessus-dessous en se battant. En réalité, aucun scientifique n’est parvenu à expliquer leur origine si ce n’est la période de leur apparition il y a deux millions d’années. Après une ascension de 200 marches, nous accédons au meilleur point de vue pour les observer.





Petite frayeur lorsque Anouck se brûle au mollet en descendant de la moto du mauvais côté. Heureusement, cela ne la fait pas souffrir. Affaire à suivre…
Il est temps de quitter l’île pour notre prochaine destination. Dans la salle d’embarquement du ferry, Anouck nous dégote un hébergement de folie uniquement réservable par téléphone. Nous empruntons celui d’une locale et réussissons à contacter in extremis le gérant qui viendra nous accueillir à notre arrivée au port.
Siquijor (16/01 - 19/01)
1h30 plus tard, nous posons pied à Siquijor à la recherche de notre nouvel hôte. Comme promis, ce dernier nous attend, ravi d’héberger de nouvelles têtes. En effet, le Kiwi Dive Resort n’étant enregistré sur aucune plateforme de réservation, la location ne fonctionne qu’au bouche-à-oreille. Les clients se font donc plus rares comparé aux autres guesthouses disponibles en ligne, mais en découvrant l’endroit, on se dit que ce n’est pas plus mal de garder ce paradis secret afin de le préserver.
Situé en bord de mer, ce petit complexe est constitué d’une dizaine de bungalows. En contrebas se trouvent l‘espace commun et le restaurant avec tables en bois, transats et hamacs… à une dizaine de mètres de la plage. LE RÊVE!

Ne nous reste plus qu’à choisir notre cabanon, tâche plus délicate qu’il n’y paraît:
Il y a le moins cher, avec un lit, ventilateur et salle de bain sans lumière. Raisonnable, surtout avec la wifi qui nous permettrait la publication de notre article sur le Sri Lanka...
Il y a l’entre-deux, bien plus spacieux. Il offre la possibilité de cuisiner, ce qui nous permettrait de dire adieu aux ailes de poulet et à la malbouffe pendant quelques jours. Mais bien plus cher et sans connexion internet…
Il y a enfin le haut de gamme, climatisé et les pieds dans l’eau. Mais carrément hors budget…
Bref, après plus d’une heure de réflexion (oui oui), nous optons pour le second: la nourriture avant tout! Nous négocions un peu le prix grâce à la durée de notre séjour, et parvenons à bénéficier de la wifi sur la terrasse du premier bungalow inoccupé. C’est donc à la lampe frontale que chaque soir, nous avancerons tant bien que mal sur notre site (wifi oui, mais à très bas débit).

Nous profitons de l’après-midi pour faire les courses (nous passons quasi deux heures dans le supermarché tellement il est difficile de s’y repérer et d’être renseignées) et contempler avec émerveillement notre premier coucher de soleil sur l’île. Cela annonce magnifiquement la couleur des prochains jours! Vivement demain!


Visiter au gré du vent, tel est notre motto des deux jours suivants. C’est donc à bord de notre nouveau scooter, sac-à-dos sur l’épaule et tupperwares bien remplis que nous décidons de faire le tour de l’île. Premier stop à la plage d'Enrique Villanueva qui nous fait de l’œil depuis la route. Une balançoire improvisée nous appelle sur le sable, et nous redevenons enfants pendant quelques temps avant de découvrir les mangroves alentour. Cet endroit est idyllique et nous sommes seules au monde pour en profiter.









Nous nous trouvons un petit coin tranquille pour savourer notre premier repas sain philippin. Salade de pâtes et salade de fruits au menu, un vrai régal que l’on apprécie encore plus face à la mer.
Nous poursuivons vers le Balete Tree, arbre de plus de 400 ans qui en fait le plus vieux de Siquijor. Considéré comme sacré par les locaux, de nombreux rituels s’effectuent autour de lui. Autre particularité: un bassin au pied de l’arbre fait office de fish spa naturel. On tente l’expérience et une fois nos pieds immergés, une armée de petits poissons viennent nous délester de nos impuretés. On écourte assez vite car cela chatouille beaucoup trop!


A notre retour au bungalow, nous sommes accueillies par un nouveau coucher de soleil époustouflant que nous admirons les pieds dans l’eau. Sur la plage, un ami à quatre pattes est tout excité à l’idée de jouer avec nous. Il nous rappelle ce bon vieux Gecko.







Une soirée que nous n’oublierons pas de sitôt, surtout quand il nous faut retourner le studio pour dormir sereinement à l’abri des insectes. Je m’occupe de l’araignée à coup de roman policier, mais le lézard qui s’est introduit dans notre moustiquaire est plus difficile à déloger. Nous voilà donc à près de minuit en train de démonter tout notre lit pour au final remarquer que le petit animal s’est mystérieusement échappé de nos filets. Ouf! (Mais du coup, cela ne voudrait-il pas dire que la moustiquaire est trouée…? Bon, pas un mot à Anouck!).

Le lendemain, nous profitons une nouvelle fois de notre bolide pour nous rendre sur l’une des plus belles plages de Siquijor. Nous sommes cependant vite déçues du site, moins paradisiaque et naturel que ceux déjà explorés, sans compter le nombre importants de touristes qui s’y prélassent compte tenu de sa superficie limitée.

Il est vrai que nous nous sommes désormais habituées aux plages désertes dignes de cartes postales. C’est donc naturellement que nous préférons retourner au bord de mer de notre hébergement bien moins fréquenté. A vrai dire, nous sommes surprises par le peu de visiteurs rencontrés sur l’île, mais tout s’explique lorsque nous prenons connaissance de sa réputation mystique. En effet, surnommée “l’île de feu” ou “l’île aux sorcières”, Siquijor est boudée par de nombreux philippins de peur d’être ensorcelés. En tout cas, nous, c’est bien envoûtées et totalement charmées par la beauté et l’atmosphère paisible et chaleureuse de l’île que nous nous dirigeons vers notre prochaine destination.

Negros (19/01 - 22/01)
L’île de Negros, bien plus grande, doit avant tout sa renommée à la richesse de ses fonds marins. Nous logeons donc à Dumaguete sur la côte orientale afin d’être au plus près des départs d’excursions en mer. Pas de chance, il pleut quasi toute notre première journée. Nous en profitons pour faire toutes les pharmacies de la ville afin de trouver des pansements résistants à l’eau pour la jambe d’Anouck…sous la pluie.

Nous misons donc tout sur le lendemain et notre sortie bateau sur l’île d’Apo. Réveil à 6h du matin, direction l’une des agences les plus réputées de la ville en ce qui concerne les activités nautiques. Équipées de nos gilets, masques, tubas et palmes, nous montons dans un minibus local pour atteindre la pointe sud de l’île, où nous attend notre embarcation pour la journée. Débute alors une véritable aventure ponctuée de rencontres inattendues, d’adrénaline et de fous rires.
Le premier surgit dès notre montée dans le navire. La mer étant un peu agitée, ce dernier est ancré à quelques trente mètres de la rive. Ne voyant aucune chaloupe à l’approche, on comprend assez vite qu’il va falloir s’y rendre par nos propres moyens, c’est-à-dire à pieds. Premier fou rire en observant des touristes asiatiques (très bien habillés) ébahis par la situation se lancer en titubant. Sacs-à-dos brandis au-dessus de nos têtes, nous préférons guetter une accalmie des vagues pour avancer prudemment mais rapidement vers le bateau. C’est mouillées jusqu’au cou mais hilares que nous parvenons enfin à son bord. Cela promet pour le reste de la journée!
Il ne faut pas plus de cinq minutes avant la mise en route du moteur et une nouvelle crise de rires. En effet, mer animée oblige, les vagues font tanguer le navire, nous rinçant de la tête aux pieds. On préfère en rigoler vu qu’on est déjà quasi trempées et apprécier le manège digne d’un parc d’attractions. C’est parti pour quarante minutes de sensations fortes avant d’atteindre l’adulée Apo Island.


Située à 7km de Negros, la petite île et réserve naturelle d’Apo est considérée comme l’un des meilleurs spots de plongée des Philippines. Au programme: trois sessions de snorkeling afin de vérifier par nous-mêmes la réputation de ces fonds marins. Trois heures durant, nous avons l’immense chance d’admirer une faune et flore aquatiques extraordinaires. Jugez par vous-mêmes!






Entre coraux multicolores, poissons tropicaux et autres animaux marins aux couleurs éclatantes (étoiles de mer, serpents d’eau, etc.), nous ne savons plus où donner de la tête.





Mais ce sont bien les TORTUES GÉANTES propres à Apo Island qui vont accaparer notre attention. Bon, on le savait dès le départ que l’on nagerait avec des tortues (c’était un peu le but de notre venue), mais on voulait vous garder la surprise le plus longtemps possible. Et même si on était au courant, c’est une toute autre expérience que de se retrouver nez-à-nez avec elles en réalité. Quelle chance! On se sent toutes petites à côté de ces créatures tellement gracieuses et majestueuses. Elles nous fascinent, et bien sûr, on profite au maximum de ce spectacle de la nature.




Le trajet du retour est tout aussi épique que l’aller, quelques vagues en plus. De retour sur les montagnes russes, Anouck est aux anges car “ça fait des guilis au ventre”. Mais le plus drôle restera sans doute l’épisode d'amarrage du bateau. Après trois tentatives infructueuses de s’attacher à l’amarre de la plage à cause du vent, le bateau doit jeter l’ancre à une cinquantaine de mètres du rivage. A cette distance, autant garder nos palmes et tubas pour rejoindre la côte! Bref, vous l’aurez compris, il nous faut encore atteindre la terre ferme à la nage. Énième et dernier fou rire de cette épopée qui nous aura réservé bien des surprises.
Après une bonne nuit de sommeil, nous nous préparons pour ce qui sera notre plus longue étape de voyage aux Philippines. Notre destination? L’excentrée Siargao, à l’autre bout de l’archipel. Comment nous y rendre? Rien de plus simple, il suffira de deux tricycles, deux bus, trois ferrys et une jeepney. Soit 28 heures de transports. Notre récompense si nous réussissons? L’une des plus belles îles au monde!
Siargao (23/01 - 30/01)
Premier tricycle donc afin de rejoindre la gare routière de Dumaguete, où nous attend notre bus pour Cebu City. Plus de 160km incluant une traversée en ferry dont nous profitons pour nous dégourdir les jambes.

Quatre heures et quelques embouteillages plus tard, arrivée dans la capitale de Cebu, d’où nous réussissons à héler une jeepney pour le port. Pas évident avec nos sac-à-dos imposants, mais les locaux répondent toujours présents quand il s’agit de nous venir en aide.
Au terminal maritime, nous réservons les dernières places à bord du ferry désiré (apparemment il était complet, mais le vendeur nous en dégote deux comme par magie). C’est un peu la cohue dans les salles d’embarquement qui s’apparentent à celles d’un aéroport, mais en jouant un peu des coudes, on parvient enfin à la nôtre. Pas l’temps de niaiser, on nous dirige déjà vers le bus qui nous mènera au bateau.
Et quel bateau! Près de 80 mètres de long pouvant accueillir jusqu’à 650 passagers. A notre arrivée, le personnel navigant s’empresse de nous indiquer nos quartiers. Pour ce trajet, nous voyageons en classe ”touriste” (bon, on a pas vraiment eu le choix, dernières places obligent, mais c’est ce qu’on avait prévu de toute façon). Nous évitons ainsi la classe “économique” avec les lits sur le pont et les coqs en liberté et passons naturellement à côté des cabines privées.
C’est parti pour neuf heures de ferry. Heureusement, c’est moins terrible qu’il n’y paraît. Nous voyageons de nuit (départ à 19 heures), ce qui nous permet de nous reposer sur les lits superposés prévus à cet effet (bon, il s’avère que le ferry est en effet complet).


Arrivée à Surigao à 4h du matin. La ville est réputée dangereuse et en la mentionnant au cours du voyage, de nombreux locaux ont fait les yeux ronds… de quoi nous dissuader de la visiter. Nous n’y faisons que escale avant de réembarquer à bord de notre ultime ferry une heure plus tard… et sous la pluie!
Cinq heures en mer à ajouter à la liste (au lieu des trois annoncées), et c’est totalement déphasées que nous atteignons enfin la petite île de Siargao dans la matinée. L’aventure ne s’arrête pas là, puis qu’il nous faut encore emprunter un tricycle national pendant près de 45 minutes pour rejoindre la ville de General Luna et notre hébergement tant espéré.

Notre soulagement est cependant de courte durée et c’est le coup de grâce en découvrant notre chambre: aucune moustiquaire en vue, la propreté laisse à désirer et la pièce est sombre et humide à souhait. Pour ne rien arranger, nous logeons à côté des sanitaires communs, une seule salle de bain pour le bâtiment, en permanence occupée. Désemparées, nous nous dirigeons vers la plage pour essayer d’inverser cette première impression pour le moins mitigée. C’était sans compter sur le déluge qui s’abat sur nous. Nous nous réfugions dans un restaurant pour l’après-midi où nous planifions nos futures activités et décidons de réserver… un autre hébergement. Car si on a bien appris une chose au cours de notre grand périple, c’est que le logement compte autant que l’environnement.
Bref, on aura connu mieux comme première journée.
Nous consacrons la seconde à notre petit déménagement, et dès notre installation, nous sentons la différence. L’espace est bien plus aéré et lumineux, et les communs irréprochables (avec eau chaude s’il-vous-plaît). Nous voilà donc parées pour la découverte de cette nouvelle île si renommée.
L’accès à la plage est quelque peu laborieux en raison des averses de la veille, et c’est pieds nus (et boueux) que nous atteignons le bord de mer.




Sur le chemin du retour, on se dit qu’un scooter ne serait pas de refus pour les prochains jours, et c’est donc en deux-roues que nous rendons une petite visite au port de la ville.



Nous en profitons pour passer au marché juste à côté afin d’acheter de quoi nous restaurer. Fruits et légumes à volonté, de quoi nous ravir pour la semaine à venir!


Le lendemain, c’est LA sortie exploration de Siargao. Sans l’avoir prévu, nous finissons par faire le tour quasi complet de l’île, soit près de 130 kilomètres en une demi-journée.

Premier stop au Coconut Trees View Deck, un arrêt au bord de la route offrant un panorama impressionnant sur des forêts de cocotiers à perte de vue (sans doute plusieurs milliers). On en aura jamais vus autant!



Nous enchaînons avec le Maasin Bridge, où l’attraction est de se prendre pour Tarzan sur une liane de cocotier. Nous renonçons à l’activité et sa file d’attente et leur préférons l’animation du village et de ses habitants qui s’activent au bord de l’eau.


Petite averse sur la tête au passage, histoire de vivre l’expérience à fond. C’est quand même surprenant ces trombes d’eau à répétition pendant la période sèche… jusqu’à ce qu’Anouck avoue que cette toute petite île est en fait en pleine saison des pluies, contrairement à tout le reste du pays. Bon, il faut voir le bon côté, on verra moins de touristes! Et honnêtement, il s’agira de notre dernière averse diurne.

Cette dernière passée, les paysages qui défilent sous nos yeux nous font encore plus oublier les déboires des jours précédents. Ca y est, le charme de Siargao est en train d’opérer.





Nous sommes d’autant plus séduites lorsque nous découvrons l’endroit sélectionné pour midi. Un petit complexe face à la mer et ses vagues agitées. C’est donc sous les palmiers et les pieds dans le sable que nous dégustons notre délicieux repas (sans doute l’un des plus complets et sains qu’il nous aura été donné de manger aux Philippines).
Plutôt reculé, le site est peu fréquenté et nous permet d’apprécier encore plus l’atmosphère si particulière de l’île: accueillante, réconfortante et relaxante. Un petit havre de paix dont nous savourons chaque instant.
Nous poursuivons notre expédition en longeant la côte avant de redescendre vers le sud et de boucler la boucle en fin d’après-midi.


Le jour suivant, on décide de se rendre à la clinique afin de soigner la jambe d’Anouck une bonne fois pour toute. Il faut dire qu’en dix jours, sa blessure de guerre n’a pas très bien évolué, comme vous pouvez ici le constater (attention, âmes sensibles s’abstenir).
Première précaution en arrivant, le masque de protection. Apparemment, un méchant virus se ballade sur le continent!
Nous expliquons ensuite la situation au médecin, qui recommande un grand nettoyage. Anouck blêmit légèrement, mais ne part pas en courant et accepte son sort gentiment. Sur le brancard, le stress monte d’un cran, mais heureusement, l’assistante se veut rassurante et nous explique en détail la petite opération. Celle-ci dure une vingtaine de minutes, le temps de bien désinfecter la brûlure, de la frotter à vif afin de vérifier l’afflux sanguin (AIE) et de la recouvrir correctement. Anouck serre les dents et se débrouille comme un chef!
C’est sereines et la trousse à pharmacie à nouveau remplie que nous rentrons à la guesthouse, LaVillas Homestay où le propriétaire nous fait la surprise de nous surclasser. Nos affaires se voient transportées dans un charmant bungalow équipé d’une salle de bain privée et d’un espace pour cuisiner. Nous sommes ravies et recommandons avec plaisir cet hébergement!
L’après-midi se transforme en chasse à la plage secrète repérée sur internet. Armées de ses coordonnées GPS, nous tentons longuement de la débusquer. Ce n’est qu’après la traversée du plus propre des sentiers et une promenade au milieu des cocotiers que nous parvenons enfin à y accéder.




Nos efforts en valaient la peine, puisque c’est au bord d’une plage presque déserte que nous avons le loisir de nous baigner (et oui, la jambe d’Anouck est bien au sec sous un pansement résistant à l’eau).

Sur le chemin du retour, nous croisons une dizaine d’enfants qui font la course dans la rue, de quoi nous faire sourire tout au long du trajet.

Siargao ne cesse de nous charmer, et la journée qui va suivre ne va pas contredire ces ressentis positifs!
En effet, l’une des activités phare de l’île et même du pays est le Island Hopping, qui consiste en une excursion en bangka, le bateau traditionnel philippin, afin de partir à la découverte de lieux incroyables à la fois sur la mer, sous l’eau et sur terre. Plages de rêve, lagons, grottes, récifs coralliens, îlots cachés: impossible de résister!
Pour cette première expérience, nous décidons de partager l’embarcation avec un couple de retraités français rencontrés au port. Ce sont de grands voyageurs en vacances aux Philippines pour la quatrième fois. Pas de doute, le pays fait partie de leurs grands favoris. Notre discussion est rapidement écourtée par le bruit assourdissant du moteur, mais de toute façon, nous sommes bouche bée devant l’eau cristalline sur laquelle nous naviguons désormais.




Premier arrêt à Guyam Island, un îlot sur lequel il y est possible de passer la journée. Nous n’y restons cependant qu’une petite heure, le temps d’apprécier la tranquillité de cet endroit reculé tout en évitant la cohue des touristes qui viendront s’y prélasser.





Agréable début de matinée qui se poursuit avec la visite de la fameuse Naked Island. Comme son nom peut le laisser deviner, il s’agit d’une île déserte à tout point de vue: pas un seul palmier à l’horizon (donc pas un coin d’ombre) et du sable fin à profusion. Nous tentons d’en faire le tour en nageant, mais nous nous arrêtons à mi-chemin de peur d’être heurtées par les bateaux environnants et déçues par des fonds marins inexistants. Nous prenons tout de même plaisir à nous promener sur le bout de l’île, là où l’océan se rejoint pour à nouveau de faire qu’un.




Chaleur accablante oblige, nous nous dirigeons vers notre dernière destination de ce voyage itinérant: Daku Island. Bien plus grande et verdoyante que ses homologues, il ne nous est pas difficile de nous trouver un petit coin paisible pour pique niquer. Déjeuner cinq étoiles avec une vue pareille!












L’île est même habitée, avec quelques maisons typiques colorées. Ici, pas de réseau, les enfants s’amusent à la pêche au crabe, en grimpant aux cocotiers avec agilité ou en jouant à cache-cache dans les fourrés.



Une baignade dans l’eau turquoise pour digérer, et il est déjà temps de repartir. Nous achevons cette belle journée par une dernière traversée en bangka, totalement convaincues par le Island Hopping que nous n’hésiterons pas à réitérer à l’avenir. Et quoi de mieux que de rejoindre notre bungalow à bord d’un traditionnel habal-habal, cette moto-taxi pouvant accueillir jusqu’à trois passagers (à condition de monter/descendre du bon côté!)?

Et voilà, Siargao, c’est déjà fini! On aura vraiment eu un coup de cœur pour ce petit paradis, avec cette impression d’être véritablement coupées du monde. Ne nous reste plus qu’à faire le chemin inverse jusqu'à Cebu… autant dire que l’on a pas hâte du tout. Après deux tricycles, nous montons dans notre premier ferry pendant 2h (tiens c’est beaucoup plus rapide qu’à l’aller!) jusqu’à Surigao. Quelques heures d’attente dans le terminal plus tard, et nous embarquons sur notre second ferry pour sept heures. Cette fois, nous sommes quasi seules à bord, un peu effrayant, mais bien plus reposant!

Nous arrivons à destination à 4h du matin, mais sommes autorisées à finir notre nuit dans le bateau jusqu’à l’aube, après quoi un taxi nous amène à notre hôtel à proximité de l’aéroport de Cebu City.
Palawan (31/01 - 09/02)
Aéroport vous dites? Top en pleine épidémie! Mais c’est le moyen le plus facile et surtout le plus rapide de se rendre sur l’île de Palawan, la plus prisée des Philippines. Pour cette raison, nous avons longuement hésité à la visiter par peur du du trop-plein de touristes. Mais comment dire non aux lagons d’El Nido et fonds marins de Coron réputés mondialement? C’est donc affublées de nos masques et gel désinfectant que nous montons à bord de notre avion.
Direction Puerto Princesa au centre de l’île où nous passons deux nuits afin de préparer notre itinéraire pour la semaine. Nous nous rendons alors compte que malgré sa popularité, Palawan n’est pas si bien desservie en terme de transports en commun, obligeant ainsi les visiteurs à emprunter des vans privés hors de prix. Bon, il va falloir sacrément bien s’organiser pour respecter notre budget et surtout faire des concessions niveau activités…
Du coup, on fait un tour au grand magasin du coin et tentons de nous équiper un peu pour économiser en location de matériel sur les sites touristiques.

Le matin suivant, nous nous débrouillons pour prendre un bus local (à prix local!) à destination de Port Barton, premier arrêt de notre liste de lieux d’intérêt. Il nous faudra quatre heures de route, serrées comme jamais (les gabarits des philippins sont légèrement inférieurs aux nôtres) et masques sur le nez pour atteindre ce petit village de pêcheurs. N’oublions pas les dizaines d’ananas que nous transportons sur le toit.
On essaie de faire abstraction de l’énorme panneau “Wanted Terrorists” à la descente du bus qui n’inspire pas vraiment confiance pour se concentrer sur ce nouvel endroit recommandé à Palawan.

Encore assez préservé du tourisme de masse, Port Barton a en effet conservé son authenticité. Entre restaurant locaux, ruelles non bitumées, habitations en bambou, douche au bucket d’eau froide et coupures d’électricité, la ville est encore épargnée par la foule, même si cela ne saurait tarder…
Nous profitons de notre première soirée au bord de la plage devant un coucher de soleil exceptionnel.




Le lendemain, nous renouvelons l’activité du Island Hopping. Nous partageons cette fois notre bangka avec cinq autres vacanciers et sommes tous impatients d’entamer l’excursion.
Nous commençons par Inaladelan Island, également connue comme le Turtle Sanctuary. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un endroit très apprécié des tortues, et chanceux que nous sommes, nous avons la surprise d’en apercevoir une se reposant tranquillement au fond de l’océan.

Nous déjeunons ensuite sur l’île de Bongot, où nous dégustons poisson et viande grillés, riz, légumes et fruits tropicaux. De quoi bien nous remplir avant le programme chargé de l’après-midi.





En effet, nous enchaînons vers le Twin Reef, spot de snorkeling très réputé de la baie. Nous avons le loisir d’y admirer coraux multicolores, poissons clown et balistes, le tout dans une mer verdoyante magnifique.








Nous nous reposons un peu sur Cagsalay Island qui offre un beau panorama sur les montagnes au loin avant de nous promener sur la plage et de nous “rafraîchir” dans une eau limpide à 30 degrés.
Nous terminons notre sortie marine par la célèbre Starfish Island, où nous pouvons contempler de nombreuses étoiles de mer. A noter qu’il ne faut JAMAIS les sortir de l’eau, tout comme il faut éviter le plus possible de marcher sur les coraux.






C’est dans cet environnement presque irréel que nous achevons notre expédition; une véritable réussite qui nous met l’eau à la bouche pour notre prochaine destination: El Nido.
Et c’est en van lancé à plus de 120km/h que nous rejoignons la ville la plus visitée de l’île. Cela se ressent dès notre arrivée: locaux quasi invisibles, alignement de boutiques, banques, et restaurants divers, pancartes publicitaires omniprésentes... Bref, l’atmosphère oppressante que nous redoutions, sans parler des prix quintuplés! Impossible de réserver un hôtel dans notre budget, nous avons du louer un AirBnB (très limite et toujours hors budget) pour notre séjour ici. Nous sommes encore plus effrayées à la lecture des commentaires catastrophiques concernant le Island Hopping, activité pourtant immanquable de l’archipel. Les touristes attendent par CENTAINES sur la plage avant d’embarquer à bord de bateaux surchargés pour visiter des lieux bondés où il faut nager en slalomant entre les embarcations. Les petits malins ont de plus réparti les plus beaux spots dans des excursions différentes afin d’obliger les visiteurs à en réserver plusieurs.

Du coup, quitte à exploser le budget, autant opter pour un bateau privé! Les avantages? Partir bien avant les tours publics, choisir son itinéraire en combinant les spots de plusieurs circuits, et ne pas à avoir à s'asseoir par terre par manque de place sur la bangka. Inconvénient? Le prix évidemment (le double, soit 40€ par personne)… Nous décidons donc de former un petit groupe avec deux anglaises et un français rencontrés auparavant.


Résultat? Notre plus belle excursion aux Philippines, rien que ça!
Nous expliquons à notre guide vouloir éviter la foule et remettons notre journée entre ses mains. C’est ainsi que nous arrivons les premiers sur l’une des plus belles plages des Philippines: Papaya Beach. L’endroit est juste magique! Une coco à la main, nous profitons du sable fin et de l’eau translucide pendant une bonne heure avant de voir arriver d’autres bateaux et donc de nous diriger vers la prochaine île.





Direction Pinagbuyutan Island et ses impressionnants rochers karstiques. Même sur la bangka, on se sent minuscules en longeant ces falaises sorties de nulle part.



Nous débarquons sur une nouvelle plage aux allures de carte postale: le sable blanc, le bateau traditionnel, les rochers et les cocotiers, tout y est!
Nous passons une nouvelle heure sur cette île à admirer les merveilles de la nature.




En parlant de joyaux naturels, nous voilà en route pour Cudugnon Cave. Pour y accéder, mieux vaut ne pas être claustrophobe, car l’entrée est très étroite. En revanche, l’intérieur est plutôt vaste et lumineux, et c’est un curieux spectacle que nous découvrons: une grotte aux couleurs, formes et reliefs des plus originaux! Outre son intérêt géologique, notons que la grotte fut utilisée comme refuge par les locaux pendant la seconde guerre mondiale afin d’échapper aux envahisseurs japonais.
La plage attenante est tout ce qui a de plus charmant...et étonnant: un terrain de basket trône au beau milieu de l’îlot, et Anouck ne peut résister à une petite partie avec les locaux.




Nos estomacs commencent tout doucement à se manifester, et nous avons hâte de dévorer le repas soigneusement préparé par nos accompagnateurs, à bord de la bangka s’il-vous-plaît!





Le déjeuner se consomme sur un site on ne peut plus idyllique: la Snake Island. Cette dernière doit son nom au banc de sable en forme de serpent qui relie l’île à sa voisine. Nous profitons de la marée basse pour flâner les pieds dans l’eau.



Nous empruntons ensuite le sentier menant au sommet de l’île afin d’avoir un panorama sur cet incontournable du Island Hopping.




Au retour, l’eau a déjà gagné du terrain et submergé la longue étendue de sable que nous devons désormais traverser en barbotant.






Nous nous arrêtons brièvement à Popolkan Island, juste le temps de faire un petit plouf dans l’eau et d’observer quelques poissons.



Après plus de cinq heures d’expédition, il est temps de nous diriger vers notre dernier stop et pas des moindres: le Big Lagoon. Il s’agit en effet de l’endroit le plus populaire de la baie d’El Nido, et de facto le plus visité. Heureusement, notre choix du bateau privé nous permet d’explorer cet immanquable en dernier, à l’heure où il est le moins fréquenté. C’est en kayak que nous accédons au lagon. De suite, nous sommes saisies par la couleur remarquable de l’eau.

Plus nous avançons et plus le lagon vire au bleu. Le contraste avec les falaises grises/noires qui nous entourent est captivant.




Nous décidons de nous éloigner un peu et de nous aventurer dans un passage étroit qui transperce la roche. Le décor est envoûtant, et pendant quelques minutes, nous avons l’impression d’être projetées dans un film de cinéma.





L’illusion continue avec le reflet des rochers dans une eau miroitante qui nous plonge dans une autre dimension. Un véritable spectacle pour les yeux!






Nous regagnons tranquillement notre bangka mais ne manquons pas de profiter de chaque instant et de bien prendre notre temps, surtout que nous sommes désormais presque seules dans le lagon.




Voilà, notre excursion tant attendue prend fin. Malgré nos réticences, cette sortie a non seulement été à la hauteur de nos espérances, mais elle les a totalement dépassées. Nous nous tenons déjà prêtes pour notre prochain Island Hopping prévu à Coron.
Départ le lendemain à 7 heures du matin. Embarquement à bord du ferry une heure plus tard (notons le prix exorbitant de 35€/personne contre 3€ pour les îles moins touristiques…). La traversée doit s’effectuer en 3-4 heures (selon l’agitation de la mer), et bien sûr, nous tirons le gros lot. Au bout d’à peine 30 minutes, nos regards en disent long, et on comprend toutes les deux le sort qui nous attend. Pourtant habituées aux liaisons maritimes, nous (et la moitié des passagers) avons du mal à supporter ce trajet digne d’un parc d’attractions. Encore, si nous pouvions prendre l’air sur le pont… mais non, notre bateau en est simplement dépourvu. C’est ainsi que nous quittons nos sièges en vitesse pour finir sur les escaliers de l’entrée, nos petits sachets se remplissant rapidement du petit-déjeuner. Allez, plus que 4 heures! (Parce qu’évidemment, on mettra une heure de plus que prévu).
C’est l’estomac complètement retourné que nous débarquons sur l’île de Busuanga, qui fait face à celle de Coron. Nous sommes de suite accueillies par un petit comité médical qui ne manquera pas de prendre notre température avant de nous rassurer par un “you are normal”. Vous êtes sûrs de ça? Parce qu’on a vraiment eu très chaud dans le bateau!

Et la découverte de notre hébergement ne va pas arranger notre état. Budget serré en cette fin de séjour philippin, nous avons réservé trois nuits dans une auberge sur pilotis. Sur le papier, ce logement traditionnel nous a vraiment charmées, tant par son prix que son originalité. Mais nous déchantons vite en repérant son accès.
La guesthouse est en fait située dans les bidonvilles de Coron City, et notre chambre donne directement sur les eaux usées du quartier. Autant vous dire que l’humidité est permanente, et l’odeur nauséabonde. Parfait après notre matinée des plus mémorables en mer! Bref, hors de question de monter à nouveau à bord d’un bateau de sitôt, nous louons donc un scooter afin de découvrir l’île différemment des jours précédents: sur la terre ferme. Sans but précis, nous longeons la côte vers le nord. Nous faisons bien, car il semble que les touristes se limitent uniquement aux sorties nautiques. Nous sommes seules sur la route, à l’exception de quelques locaux que nous croisons sur le chemin.
De retour en fin d’après-midi, nous ne manquons pas le coucher de soleil sur les hauteurs de la ville, non sans avoir gravi les 720 marches jusqu’au promontoire. La vue sur la baie avec toutes ces couleurs est splendide!
Évidemment aux Philippines, impossible de rester loin de la mer bien longtemps. Nos corps remis de l’expérience en ferry, nous ne résistons pas à un dernier Island Hopping dans l’archipel de Coron, mondialement connu pour ses spots de plongée et nombreuses épaves. Nous consacrons ainsi notre dernière vraie journée de visite à notre activité préférée. Cette fois, pas de bateau privé, nous embarquons à bord d’une bangka version extra large avec une vingtaine d’autres passagers. Heureusement, les sites que nous nous apprêtons à explorer sont bien moins touristiques que la baie d’El Nido, ce qui permet de compenser le nombre important de personnes sur l’embarcation.
Nous débutons l’excursion (le SUPER Ultimate Tour histoire de ne rien louper) avec la CYC Beach. Ça commence bien, elle n’était pas prévue au programme, et on redoute être montées dans le mauvais bateau. Mais non, certains endroits semblent simplement avoir été remplacés par d’autres sans notre avis… et franchement on s’en serait passées. La plage n’a vraiment rien d’extraordinaire, comme les fonds marins aux alentours.


On retiendra quand même la surprise générale et le fou rire qui s’en est suivi après nous avoir annoncé qu’il fallait sauter du bateau à une bonne centaine de mètres du rivage pour y accéder (on nous fera le coup à chaque arrêt). A 8h du matin, quelle bonne manière de se réveiller! Nous enchaînons avec Las Islas de Coral où, comme son nom l’indique, nous avons la chance d’admirer de magnifiques coraux très colorés. Le temps commence à se couvrir, mais qu’importe, sous l’eau, aucun nuage à l’horizon.






Une bien belle entrée en matière avant de rentrer dans le vif sujet: Coral Garden & Skeleton Wreck. Le ciel s’est bien dégagé, et nous restons tout d’abord bouche bée devant l’eau si claire et turquoise dans laquelle nous nous empressons de nous jeter.





Petit coup de panique lorsque la tête sous l’eau, nous remarquons les centaines de poissons qui nous entourent. Ceux en bancs sont particulièrement impressionnants! Nous avons vraiment l’impression d’évoluer dans un aquarium géant, et oui, c’est autant excitant qu’effrayant!




Nous faisons bien attention aux nombreux oursins au fond de l’eau (NB: les chaussures aquatiques peuvent se révéler très utiles) et nageons vers le lieu d’intérêt de cet endroit: l’épave d’un bateau chinois échoué il y a une quarantaine d’années. Ce dernier repose tranquillement au fond de l’océan et désormais totalement recouvert de coquillages, il semble s’intégrer parfaitement à l’environnement.



Après l’avoir joué chercheuses d’épaves expérimentées, nous sommes prêtes pour le déjeuner. Au menu: poisson et porc grillés, moules, algues, riz et spaghettis. On a tellement faim que la traditionnelle photo pré-repas passe à la trappe.
Pas le temps de digérer, direction le fameux Twin Lagoon. Celui-ci est composé de deux lagons séparés par une petit grotte. L’un est constitué d’eau salée, l’autre d’eau douce en surface (plus fraîche) et d’eau de mer en profondeur (plus chaude). Le cadre est vraiment incroyable, et gilets de sauvetages obligent, nous y flottons un bon moment, encerclées des immenses rochers karstiques si propres aux Philippines.









Nous poursuivons avec le Baraccuda Lake. Pour y accéder, 200 mètres de nage (vous comprenez, le capitaine ne veut pas abîmer son bateau) et une petite marche, avant de découvrir un gigantesque lac bleu foncé. Ici, pas de coraux et très peu de poissons, juste le néant. Nous profitons au maximum de cette piscine naturelle avant de regagner (essoufflées) notre superbe bangka pour un dernier arrêt.



Et quoi de mieux que le célèbre Kayangan Lake pour clore cette journée en beauté? L’approche même du site vaut le détour: une eau (encore et toujours) cristalline, des formations calcaires en veux-tu en voilà, des embarcations typiques et un long ponton en bois.






Nous empruntons un sentier d’escaliers pendant une dizaine de minutes avant d’arriver à un nouveau lac. Plus vert que le précédent, mais tout aussi limpide et charmant.

Les 30 degrés nous invitent à la baignade, mais nous préférons prendre de la hauteur afin d’atteindre un point de vue que l’on est pas prêtes d’oublier. Le panorama qui s’offre à nous est juste exceptionnel et digne des plus belles cartes postales.


C’est cette image que nous retiendrons en priorité pour cet ultime Island Hopping. Après plus de sept heures d’excursion, ce sont les yeux à demi clos (la fatigue tu connais) mais la tête remplie de souvenirs que nous achevons cette sortie. L’arrivée dans notre bidonville nous ramène cependant brutalement à la réalité. C’est aussi ça notre voyage: prendre conscience des différences pour mesurer encore plus notre chance.
L’aventure qui suit représente sans doute la plus drôle et marquante de notre périple aux Philippines. Et bien sûr, nous la vivons durant nos derniers instants au pays (toujours cette histoire de quota mensuel de galères à priori…).
Pour le contexte, nous sommes le samedi 8 février, il est 5h30 heures du matin dans notre chambre au-dessus des égouts. Dans exactement 38 heures (19h30 le 9 février pour les allergiques aux chiffres) décolle notre vol pour Bangkok avec escale à Manille. Départ de Puerto Princesa, à 430 km de notre cinq étoiles actuel. Plutôt que de revivre le calvaire en ferry rapide suivi d’un minivan de l’angoisse pendant 6 heures, nous optons pour l’énorme ferry de 11 heures. C’est long mais c’est calme, direct, et sans encombres DIT-ON.
Départ hebdomadaire le samedi (ça tombe bien) à 8 heures du matin. Arrivée prévue à 19 heures. EN THÉORIE.
Il est donc 5h30 et nous nous réveillons difficilement. Nous quittons notre charmante auberge 30 minutes plus tard pour arriver au terminal maritime à 6H30, avance recommandée pour notre trajet. Et là, l’air de rien, on nous annonce tranquillement le retard de quelques heures du bateau.
-
PARDON? ON A PAS BIEN ENTENDU, VOUS AVEZ DIT QU’IL ARRIVAIT A QUELLE HEURE?
-
Vers 11h.
-
…
-
Vous n’avez pas été prévenues?
-
ANOUCK RETIENS MOI STP
Dépitées, nous passons la sécurité pour nous installer dans la salle d’embarquement, sans petit-déjeuner, sans wifi, et bientôt sans électricité. Mais du coup si le bateau ARRIVE à 11h, l’embarquement ne se fera pas avant MIDI non? Rapide calcul: 5h30 d’attente.


Bien sûr, 11h approche et toujours pas de ferry en vue… Mise à jour: le bateau ARRIVERAIT désormais vers midi. Mais bien sûr…
On nous fera le coup deux fois de plus avant que notre cher moyen de locomotion ne daigne se montrer à … 14 HEURES.
Evidemment, fouille obligée des bagages avant notre embarquement, de quoi nous changer les idées après toute cette attente. Il faut bien aligner les sacs et se coller au mur pour laisser passer le berger allemand le plus dissipé du pays. Et juste au cas où le chien aurait mal fait son travail, une seconde vérification est effectuée par le beau, l’unique et mini jack russell. Fou rire garanti!
14h30: nous embarquons enfin à bord… d’un paquebot! Fallait nous dire qu’on partait en croisière, on aurait fait un effort vestimentaire!
Et plus on avance dans le bateau, plus l’effet Costa se fait ressentir: un supermarché, un coiffeur, divers restaurants, une boîte de nuit, sans oublier les chambres et douches à bord. On pourrait y passer la nuit!
ET BIEN CELA NE LOUPE PAS! Après avoir pris possession de nos quartiers avec une dizaine de philippins, on nous annonce le départ du ferry à 16h qui se transforme en 18h. Et puis on nous explique enfin le pourquoi du comment: le moteur du bateau est cassé (comment est-il arrivé jusqu’ici alors?!) et une pièce bien particulière est nécessaire à sa réparation. Nous attendons donc sur celle-ci censée venir tout droit de Manille. ATTENDEZ, VOUS AVEZ DIT MANILLE LA CAPITALE À 15H DE TRAVERSÉE D’ICI?
Nos compagnons de bord, fidèles à eux-mêmes, s’amusent de la situation et ne cessent de plaisanter à ce propos. L’un d’eux propose de dormir avec les gilets de sauvetage tandis qu’un autre espère que le coronavirus n’est pas des nôtres. Le rire est communicatif et cela aide à faire retomber la pression.
Les deux repas offerts par la compagnie aussi! On ne coupe pas au karaoké plébiscité par les locaux à l’heure du repas.
22h, et on a toujours pas bougé… Cela commence à faire long, et on se rapproche dangereusement de notre marge de sécurité. Si nous ne sommes pas parties à 5 heures du matin, il nous faudra quitter le navire et se débrouiller par nos propres moyens… Heureusement, nous n’en arrivons pas là, puisque le ferry quitte miraculeusement le port à 23h30, soit avec 15h30 de retard. Ca valait la peine de se lever à l’aube tiens!
Après avoir prévenu notre hôtel que nous n'arriverons jamais, il est temps de se mettre au lit. La mer est calme, ce qui nous permet de nous remettre un peu de toute cette histoire. Nous nous levons vers 9 heures, et une bonne douche froide plus tard, nous décidons de prendre l’air et de savourer notre petit-déjeuner sur le pont.

Pour le repas de midi, nos nouveaux colocataires ne ratent pas l’occasion de prendre le micro et de nous dédicacer une chanson. Nous redoutons notre participation, mais l'amarrage du bateau coupe court à l’activité.

Il est 13 heures, et nous arrivons ENFIN à destination. Il nous faut près d’une heure pour débarquer et c’est donc à 14 heures passées que nous filons vers l’aéroport. Oui, on est assez rapidement tombées d’accord sur le fait d’y arriver 5 heures à l’avance. Sur le chemin, on profite de notre dernier trajet en jeepney et de la vie locale de Puerto Princesa.


Pour une fois, pas de précipitation à l’aéroport, et c’est bien à l’heure que nous décollons, nos petits masques bien vissés sur le nez. Escale à Manille pour notre énième vol vers l’incomparable Bangkok.
Après réflexion, c’était probablement la meilleure manière d’achever ce séjour aux Philippines. A l’image du pays: aventureux, en musique, tout sourire et dans la bonne humeur.
Ressentis
NOS COUPS DE CŒUR
-
La gentillesse et l’attitude des locaux à notre égard (souriants, amusants et serviables)
-
L’ouverture d’esprit de la culture philippine
-
Les paysages et eaux turquoises dignes de cartes postales
NOS DÉCEPTIONS
-
Le pays reste plus cher que ses voisins d’Asie
-
L’affluence de touristes à El-Nido et Coron, qui rendent difficile l’accès à un voyage authentique dans cette région
-
La nourriture très peu variée et influencée en grande partie par la colonisation américaine (burgers, pizzas, poulet frit…) et la pauvreté du pays (cou, intestins et pattes de poulets…)
Budget


